Mon rapport avec le bois est avant tout sensoriel,

Je cherche à exprimer sa vie et sa sensualité. Chaque essence de bois éveille en moi une émotion sensorielle (olfactive, gustative, tactile ou dynamique).

De même qu’on hache, broie, tire le jus des plantes fraîches ou séchées, je presse mes placages les uns sur les autres, un par un, pour que les veines dures des uns écrasent les veines tendres des autres ; puis, j’affine la surépaisseur pour laisser paraître la transparence.

Parfois je casse les bois, sculpte ou grave, pour laisser ma griffe. Je choisis des matériaux riches, bois indigènes ou exotiques, des loupes, des mailles, des veinages, des ramages, mais aussi des noeuds, des défauts. Quand la couleur apparaît, si elle n’est pas naturelle, c’est imprégnée par avance dans le matériau et non peinte en surface.

Tous me sont chers et intimes.